"On n'est pas sérieux quand on a 17 ans".

03 mars 2012

L'innovation politique : LA clé ?

Que celui qui n'a pas connaissance de la crise qui frappe l'Europe et le monde depuis l'automne 2008 arrête ici sa lecture. Nombreux sont ceux qui liront le reste de mon article. En effet, ermite est celui qui ignore la tourmente financière qui nous fait marcher sur la corde raide depuis de longs mois désormais. Le constat est grave, mais nullement exagéré ! Tous en avons conscience. Chômage, précarité, insécurité, faillite, triple-A... Les journaux nous l'ont assez dit. Devant cette situation, peu de solutions. Celles-ci, nous dit on, sont au nombre de deux : relance ou austérité.

Pourtant, la conjoncture est en inadéquation avec les modèles présentés dans les livres d'économie. Ainsi, bien que nécessaire, la rigueur ne saurait faire repartir l'activité. Elle est indispensable, car le modèle de l'Etat-Providence à la française ne peut plus durer, du moins dans la mesure où il est présent aujourd'hui. Trop de budgets ont été votés en déficit. Trop d'années nous avons été contraints d'emprunter. La finance mondiale, toute dérèglementée qu'elle est, n'est plus un lieu où s'endetter est sans conséquence. Malgré cela, la rigueur, en contractant l'économie nationale, nuit à la consommation et ainsi directement à la croissance... Image parlante que celle d'un vélo qui à force de ralentir est à l'arrêt et chute. La Grèce en est un exemple grandeur nature.

La relance ne saurait néanmoins se réveler plus efficace... John Maynard Keynes affirmait que la dette publique ne constituait pas un problème. La conjoncture nous empêche de raisonner comme cela. Agences de notation, taux d'intérêts et mauvaises habitudes budgetaires nous ont oté ce droit. Et quand bien même cette politique était appliquée, elle n'en serait pas moins vouée à l'échec. Quelque soit la relance mise en place, plus de consommation entraine une hausse de la production. Celle-ci provoque une demande supplémentaire de matières premières (au premier rang desquelles le pétrole), et la hausse du prix de ces dernières. Naturellement se produit alors une inflation, néfaste à la consommation favorisée en premier lieu. La TIPP proposée par François Hollande, en plus d'être couteuse, ne saurait l'en empêcher. 

Ainsi, quelle solution ? Quel remède quand les deux seuls connus ne semblent pouvoir faire autre chose que de nous précipiter contre un mur ? Pourquoi la solution serait-elle... à inventer ? Ou plutôt à assembler, car de bonnes idées sont à piocher un peu partout.

Tout en s'appuyant sur les énergies fossiles indispensables encore pour quelques années, nous avons moyens de voir la crise non ccomme un fléau mais telle une invitation à la rupture avec un modèle en inadéquation avec la situation. Hérité de la seconde révolution industrielle, celui-ci est présenté comme obsolète par J.Rifkin dans son dernier livre La Troisième Révolution Industrielle. Au cours de son essai, il imagine également à quoi pourrait ressembler le futur modèle à imaginer. Je suis loin d'être d'accord en tout point avec ses hypothèses et propositions, surtout sur le plan politique, mais certaines d'entre elles s'avèrent judicieuses. Pour faire naitre de la croissance, pourquoi ne pas aller la chercher là où elle se trouve comme, par exemple, les énergies vertes ? Les inventions y sont nombreuses et fréquentes... De nombreux foyers de croissance alternatifs se doivent d'être mieux exploités.

Pour cela, largesse de vue et courage politique seront demandés aux chefs d'Etat. Plus que cela, il leur être presque visionnaires, pour oser modifier un ordre en place depuis des décennies. Ainsi l'innovation se révèlera, peut-être, la clé de l'après-crise. En cela, le modèle schumpeterien, après ceux keynesien et smithien, pourrait avoir son heure de gloire.

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27 février 2012

Jeunesse, veux-tu réellement prendre Abstention pour épouse ?

A vous qui, en 2012, allez voter.

L'inadéquation entre l'offre politique et la demande jeune est un constat implacable en cette période de campagne. La manière dont est organisé le paysage médiatique français fait la part belle aux petites phrases et aux insultes par micros interposés. Pour des individus envisageant le passage à l'âge adulte dans un monde en crise, le principal réquisitoire qui peut être fait semble être le charisme. Nous cherchons un Grand Homme. Le retour de la Force Tranquille. La résurrection d'un Jaurès, d'un Clémenceau, d'un Blum, d'un Mendès-France, d'un Général de Gaulle... D'un Homme providentiel. Là est l'inadéquation. 

Les hommes politiques actuels, tous autant qu'ils sont, n'ont pas cette carrure. Vous imaginez De Gaulle au Petit Journal ? Mendès-France hiérarchiser les civilisations ? Une fidèle acolyte de Churchill faire du Morano dans le texte ? Je ne pense pas. Par anachronisme, certes, mais aussi parce que le niveau semble bien bas. N'a t-on pas dénoncé (moi le premier) l'ambiance de cour de récréation qui semblait enfermer la campagne présidentiel dans un carcan de médiocrité ? Où stratégie politique et injures faisaient loi ?

Pourquoi alors, aucun des candidats postulant à la fonction républicaine suprême ne pouvant tenir la comparaison avec un de ses illustres prédécesseurs à ce poste, les candidats ne se tournent-ils pas vers la deuxième voie qui s'offre à eux ? Pour sortir du marasme dans lequel la France se trouve prisonnière, proposez ! Pourquoi cela n'est-il pas déjà le cas ?

Je reste ici cohérent avec le contenu de mon article précédent. La jeunesse encore apolitique se trouve aujourd'hui séduite par l'abstention. Non seulement par manque de charisme mais aussi parce que les propositions sont trop floues, considérées comme loin d'être à la hauteur de la gravité de la situation ou se révélant même illusoires.

Cette absence de Grands Hommes oblige la jeunesse à un effort qui pourrait s'avérer salutaire s'il est réalisé. Cela pourrait obliger à lire les programmes. Je me permets d'affirmer cela car, n'ayant aucun critère de choix au vu de la pâle copie rendue dans les médias par des hommes et des femmes loin d'avoir la dimension nécéssaire à la fonction présidentielle, nous nous voyons invités constamment (moi le premier *bis*) à lire le programme pour trouver les propositions que ne contiennent pas les interventions médiatiques. 

Ainsi, par un syllogisme très personnel, le vote jeune semble lié à l'intérêt porté aux programmes, pas à la personnalité d'un(e) homme/femme qui ne correspond pas à ses attentes. Aux hommes politiques de jouer, mais vous qui allez voter, ne rechignez pas à lire les propositions. Lisez les tracts. Soyez critiques. Car c'est ainsi que la politique est riche et belle. Car c'est cela, le vote utile.

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22 février 2012

Lettre à Vladimir.

(J'ai rédigé cette lettre à l'automne dernier. Je ne suis pas Zola, et donc incapable d'écrire un article tel J'accuse. Je n'ai pas la légitimité de Stéphane Hessel, écrire un feuillet tel Indignez-vous n'aurait eu que peu d'intérêt. Pourtant, j'ai entrepris d'écrire ma vision de la France tout en m'adressant à mon petit frère, Vladimir, 2 ans. J'espère avoir pu présenter une vision plus ou moins complète de l'état de notre pays à l'heure où je me trouve à la sortie de l'adolescence. 

Cette lettre, je l'ai envoyé à chacun des candidats à la présidentielle. Certains ont pris la peine de me répondre : Nathalie Arthaux,  Hervé Morin, François Hollande et François Bayrou. Je publierai prochainement le contenu de leurs réponses.)


Mon très cher petit frère,

 

Nous sommes le 10 décembre 2011, il est 18h46. Je suis fatigué. Les journées de cours de ma terminale ES commencent à se faire de plus en plus longues. Vivement les vacances ! Heureusement, elles se profilent à l'horizon. Toi, tu as deux ans, tu fais plein de petites bêtises et tu as une énergie que je t'envie. Nous sommes très complices. C'est quelque chose de très important pour moi… Voir ton sourire malicieux, espiègle et joueur.

J'ai besoin d'écrire à quelqu'un. Tu sembles la personne tout indiquée. Pourtant, tu ne seras pas à même de comprendre les angoisses dont je compte te faire part avant longtemps. Des angoisses, oui, car je vis dans une époque remplie d'incertitude. J’aimerais par cette lettre prendre un peu de recul et te montrer ce que je pense de la France, celle de mon adolescence. Je vais garder cette lettre, pour te la donner dans quinze ans, lorsque tu auras l'âge que j'ai aujourd'hui.

Cette lettre est l'occasion d’exprimer mes convictions profondes. Je veux les partager avec toi, petit frère.

 

Tu grandis tellement vite. Tu finiras par atteindre l'adolescence et le début des difficultés. J'espère que celles-ci seront moins importantes pour toi que celles auxquelles je suis confronté. Crois-moi, être jeune en 2011, ce n'est pas simple. On nous demande de plus en plus. De suivre des études plus longues, plus difficiles. De parler plusieurs langues étrangères. De faire son devoir citoyen. De trouver notre place dans la société. D’ailleurs dans quel état est-elle, notre société ? Un marché de l'emploi où les jeunes peinent à entrer, une situation économique difficile, un système politique où la jeunesse est sous-représentée, une planète à l'agonie, des conflits à l'échelle mondiale... Notre génération est la première qui vivra moins bien que nos parents. Cela m'énerve et m'attriste à la fois. Comment peut-on nous léguer un monde dans cet état ?

 

Nous écoute t-on ? Non. Nous sommes souvent considérés comme « jeunes et cons », irresponsables ou encore inaptes à donner notre opinion. « La jeunesse a cela de beau qu'elle peut admirer sans comprendre » écrivait Anatole France. Je trouve que c'est avoir un point de vue plus que réducteur de cette période de la vie. Nous comprenons le monde, non pas davantage mais différemment. Nous avons conscience de ce qui nous attend, conscience du monde qui nous entoure, et conscience de notre possible influence sur celui-ci. Nous savons pour la grande majorité de quoi nous parlons lorsque nous décidons de nous exprimer personnellement. Nous avons un regard particulier et différent sur le monde. Nous grandissons aujourd'hui dans un monde de communication, où journaux, radio, télévision et internet font la part belle à la politique. Tu le sais bien petit frère, la télé est souvent allumée sur des émissions sérieuses qui ne te plaisent pas. Même jeunes, nous sommes capables de regarder ces émissions, de les comprendre, de nous forger une opinion, puis de la défendre. Nous avons notre mot à dire sur une société dans laquelle nous évoluons nous aussi.

 

J'ai 18 ans l'an prochain et je ne voudrais pas que tu soies confronté aux mêmes problèmes : chômage, précarité, mal-logement, éducation difficile... Tous ces fléaux nous frappent et nous semblons sans protection. Les inégalités vont croissant, le populisme gagne du terrain à chaque sondage, nos partis connaissent conflit après conflit... Ne serait-il pas temps de penser aux générations futures ? Comment les politiques entendent changer les choses pour vous, la génération d’après ? Comment agir aujourd'hui pour que demain le monde ne soit plus dans cette situation ? C’est un noble combat. Il me semble qu’il vaut la peine de le mener, de s'unir, d'innover et d'espérer.

 

Ah ! Oui. Tu dois l'étudier en cours d'Histoire ou d'Économie désormais, mais sache que notre pays est en proie à une grande psychose à l'heure où je t'écris : la faillite. Nous n'avons plus un rond. Nous le savons tous. Soit. Mais en même temps, le gouvernement fait plein de cadeaux aux plus favorisés (pour qu'il ne s'en aillent pas), taxe le pauvre, et diminue les subventions de tout ce qui pourrait faire repartir notre économie. D’autres politiques nous disent que la seule solution est de sortir de l'Union européenne. De fermer les frontières. De revenir au protectionnisme en somme. Pourquoi ? N' y a-t-il pas de meilleure solution ? A trop chercher les économies, n'allons-nous pas aboutir à une situation insupportable ? Les classes précaires sont celles qui ont le plus besoin d’un dispositif de justice sociale. S'attaquer à celui-ci, c'est s'attaquer aux plus faibles. Si nous mettons en place une politique 'à la Robin des Bois', prenant aux riches pour aider les pauvres, les privilégiés s'en iront à l'étranger nous dit-on. Est-ce le seul obstacle ? N'est-il pas également question de volonté politique ? N'y aurait-il pas moyen de répartir plus équitablement l'effort à fournir ?

 

Il est logique que les hommes qui nous représentent aient des aptitudes supérieures. Pour gouverner 60 millions d'âmes, c’est indispensable. Mais ils ont tout de même des comptes à nous rendre, un devoir moral envers leurs concitoyens. Je trouve qu'il est de notre droit, de notre devoir vis-à-vis de vous qui allez suivre, de le leur rappeler. Notre système économique est fondé sur le libéralisme et les marchés financiers, soit. Il est adopté par le monde entier et nous avons hérité de la globalisation une interdépendance qui nous lie à ce mode de fonctionnement. On avance ensemble ou on meurt tout seul... Économiquement parlant bien sûr. Il n'est donc pas question de virage à 180°. Le libéralisme peut être un bon régime si on le régule. Je pense simplement qu'il faut y insérer une dose de morale. J'espère que cela sera le cas, sinon tu vivras dans un monde encore plus détraqué que le mien. Presque tous les hommes politiques s'accordent à dire que l'Etat se doit d'intervenir. Plus qu'il ne le fait aujourd'hui, et en ayant davantage conscience des vies qui dépendent de son action. Sinon, dans quel monde vivras-tu ?

 

Nous avons la chance, en France, d'avoir un système éducatif public laïcet gratuit pour tous. Économiquement parlant, cela crée de la croissance, car c’est un investissement pour l'avenir. Socialement parlant, cela crée une cohésion entre tous. Humainement parlant, cette éducation forme des hommes et des femmes, des citoyens.Et pourtant, cette éducation, on la décrie, on la critique, on la dénigre. On en baisse chaque année le financement, pour se plaindre de son manque de résultats, de son coût, de son manque d'adaptation à la modernité... Tu seras sans doute confronté à ce qu'on appelle 'Évaluations' en classe de CE2. Il s'agit de tests de niveau en français et en maths que l'on fait passer à tous. Or, depuis des années, tous les journaux nous présentent systématiquement le même constat unanime et terrifiant : l'élève français ne sait plus lire, ne sait plus compter ! Notre école ne vaut rien à l'échelle mondiale... C'est l'apocalypse culturelle ! Mais qu'avons-nous fait pour l'éviter ? Nous avons supprimé des postes, supprimé des subventions, critiqué les fonctionnaires. Contradictoire, non ? Pour quelles raisons ? Comment justifier une telle logique ?

 

Quand tu es malade, tu vas chez le pédiatre. Tu es soigné correctement. J'espère que lorsque tu me liras, tu auras toujours cette chance. Mais j'en viens à en douter. Comme dans le cas de l'éducation, la santé est nécessaire mais les hôpitaux se voient chaque année obligés de fonctionner, encore et toujours, avec moins de fonds. On parvient à faire avec. Jusqu'à quand ? Verrons-nous la fin de l’accès aux soins pour tous, cette avancée majeure pour notre société ? C'est tout un système de protection envié dans le monde entier qui est sur le point de disparaître. Et cela m'inquiète.

 

Plus grave encore que cela... Sous l'effet du réchauffement climatique, nous sommes témoins d'inondations, de sécheresses, d'ouragans et de l'apparition des premiers émigrés climatiques. Les forêts reculent, les déserts s'étendent. Début 2011, le monde a été témoin de la catastrophe de Fukushima. A la suite d'un tremblement de terre, une centrale nucléaire a contaminé une région entière du Japon. Cela a poussé les pays du monde à s'interroger sur leur activité nucléaire. En France, on produit notre propre électricité. Question de prestige, d'indépendance et de fonds. Certaines centrales arrivent en fin de vie. Pourquoi alors ne pas tenter de développer davantage les énergies vertes ? Une transition trop brusque serait désastreuse, nous le savons. Est-ce pour autant une raison pour ne pas l'amorcer, tenter de diversifier notre source d'énergie ? Un accident aura t-il lieu avant ? Se poser cette question m'est insupportable. Quelle vision à long terme nos dirigeants futurs ont-ils ? Quand prendront-ils une décision ? Quand agiront-ils ?

 

En avril et mai prochain, aura lieu l’élection présidentielle. Il s'agit, selon la formule consacrée, de « la rencontre entre un homme (ou une femme) et le peuple ». Je souhaite beaucoup de courage à celui (ou celle) qui l’emportera. Les défis sont nombreux, mais passionnants. J'espère que le futur président saura fédérer autour de lui, répondre aux questions multiples que se pose le peuple et unir la population. Le dialogue démocratique doit être repris. Il en va de la santé de la politique en France.

Pour beaucoup d'entre nous, enfants de la crise comme on dit, la situation actuelle est incompatible avec le passé de notre pays. Comment la France est-elle tombée aussi bas ? Membre d'une Europe qui s'effondre, happée dans une crise qui nous noie, détruisant notre planète et notre régime politique envié durant des siècles ?

J'espère que le futur président saura relever le défi. Celui de reconstruire la France malmenée par la crise. Celui aussi de bouleverser les codes qui se sont progressivement installés... Il lui faudra expliquer comment ses décisions permettront d'améliorer le bien-être des générations futures. Les Français seront prêts à des sacrifices si on leur explique que la hausse d'impôt qu'ils subiront sauvera la Terre qu'ils lègueront à leur petits-enfants. Cette vision à long terme est aujourd'hui indispensable. Pour sauver votre génération avant qu'il ne soit trop tard. Le futur président de la République en aura-t-il le courage ? Jean Jaurès l'a définit ainsi : « Le courage, c'est aller à l'idéal et comprendre le réel ». J'espère que nos politiques appliqueront cette devise imposant le pragmatisme mais en ayant toujours pour objectif le progrès.

 

Mon petit frère, c'est un bien noir tableau que je t'ai dépeins ce soir. Malgré tout, l'espoir m'habite toujours. La France est un beau pays. Il demeure un pays d'égalité et de liberté, malgré tout ce que l'on peut entendre. Il reste un pays influent. Il est membre de l'Union Européenne qui, malgré ses dysfonctionnements, reste l'une des plus belles inventions intellectuelles. A sa création, imagines-tu le courage qu'il fallut aux français et aux allemands pour oublier les horreurs de la guerre et expliquer à leurs populations que le salut passait par l'union avec celui-qui avait été l'ennemi ? Quelle grandeur d'âme faut-il ? C'est ce courage que je veux chez notre prochain président. Je l'espère et crois à des lendemains meilleurs, plus proches de ce à quoi la France devrait ressembler.

 

Je me vois confronté à une situation étrange, celle d'étudier sans savoir à quoi cela me mènera, suivant des cours qui selon mes professeurs eux-mêmes ne sont pas adaptés au monde du travail, en visant une émancipation dans un monde qui s'effondre... Si j'écoute ce qu'on me dit, j'aurai aussi du mal à habiter seul parce que c'est trop cher, à rester marié parce qu'aujourd'hui on divorce de plus en plus, à avoir des enfants car j'aurai de graves maladies à cause des ondes, des OGM et de diverses substances... Comment vouloir grandir ? Comment vouloir se bouger ?C'est pourtant mon cas car j'ai décidé de faire confiance en celui ou celle que je choisirai. Selon moi, c'est seulement ainsi que ton monde sera en meilleur état que le mien.

 

Avec tout mon amour,

 

Théo.

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05 février 2012

Pour une nouvelle rémunération de l'activité artistique !

Megaupload, Deezer, Spotify, The Pirate Bay, iTunes, mp3, peer-to-peer, streaming, torrents, eMule... Tous ces mots sont âgés de moins de dix ans et pourtant nous les utilisons au quotidien. Comme la radio, la K7 ou le CD en leur temps, ils font aujourd'hui craindre un effondrement de la musique. Rien que ça. Malgré cette peur, la musique se porte très bien ! Ou du moins officieusement, car de manière officielle elle serait confrontée à un danger qui pourrait lui être fatal... Internet a fait muter ce domaine plus que ne l'ont fait d'autres évolutions du support musical. Dématérialisation, apparente gratuité et partage facilité des œuvres s'appliquent pour son cas, mais pas uniquement. Le cinéma, le livre et la presse sont aujourd'hui menacés. L'Hadopi et la toute récente ACTA ont pour objectif de lutter contre cette prétendue mise à mort de l'activité culturelle... Pourtant, ne serait-il pas temps, plutôt que de punir ceux qui profiteraient des nouvelles possibilités offertes par Internet, de réfléchir et de s'adapter ? En somme, l'État ne devrait-il pas muter, se moderniser, pour se trouver enfin à la même longueur d'onde que ses citoyens ? Il semble en effet avoir un train de retard qu'il faut aujourd'hui rattraper en réalisant un considérable bond en avant.

 

Notons tout d'abord que tenter de punir les « pirates » informatiques semble aujourd'hui bien illusoire. Avec le développement de la toile, nombreux sont les stratagèmes plus ou moins simples qui permettent à tout utilisateur de contourner les nombreux filets tendus par les instances de contrôles. Loin de tous les connaître, j'en connais cependant suffisamment pour affirmer que se connecter sur la box de voisins est enfantin, et camoufler son adresse IP l'est tout autant. De plus, la lutte contre la fermeture de Wikileaks et celle plus récente de Megaupload ont montré que l'usage de la force, si virtuelle soit elle, contre les internautes était peine perdue. Sites miroirs, hébergeurs fantômes et d'autres procédés permettent de contrecarrer les plans de ces instances.

Par ailleurs, Internet a aussi favorisé l'émergence de nouveaux moyens de production pour les artistes. De nombreux sites ont éclos sur la toile où l'internaute devient actionnaire de la production d'un artiste. Voilà un point sur lequel s'appuyer ! Nous savons aussi que les artistes aujourd'hui ripostent à la chute des ventes de CD par une augmentation du nombre de concerts réalisés. De plus, le partage des artistes augmente leur visibilité et par enchainement, des droits à l'image perçus par ces derniers. Ainsi en 2008, 66,6% du revenu cumulé des musiciens français provenait de ces mêmes droits. En somme, pourquoi ne pas préconiser la mise en ligne de titres dans de grandes banques à mp3 où l'écoute serait libre, stimulée par le partage incessant sur les réseaux sociaux, et à la suite de laquelle l'internaute pourrait décider de participer au financement de la tournée de l'artiste ? Ainsi, plus besoin de maisons de disques, propres à réaliser la production la plus lucrative possible, loin de toute considération artistique. Plus de liberté pour l'auditeur, un choix des musiciens produits rendu à la population... Reste le problème des revenus. Lorsque l'on sait que des artistes comme le groupe anglais Muse réalisent en une performance l'équivalent de la vente de 100000 CD, remarquons que ces superstars n'ont pas à s'en faire. Mais entre revenus des concerts, des droits à l'image, des produits dérivés... Le modèle est-il si intenable que cela ? Si c'était le cas, reste la possibilité de mettre en place un redevance musicale dégrèssive en fonction du volume des dons faits dans le système évoqué auparavant. Un monde de la musique qui redonne le choix à l'auditeur, qui se révèle plus juste pour l'artiste et où les maisons de disques arrêtent de ne produire que de grandes pointures lucratives en laissant la porte fermée aux talentueuses jeunes pousses... serait-ce réellement impossible ?

 

Passons à d'autres cas. Dans l'histoire bien garnie du cinéma, jamais nous ne sommes autant allés nous rassembler dans les salles obscures que lors de cette année 2011. The Artist, Intouchables, La Guerre Est Déclarée, Polisse... De nombreux films français ont atteint les sommets. Comme dans le cas de la musique, le support physique semble perdre petit à petit du terrain. Dans cette situation également, cette perte profite à une nouvelle manière de consommer. La VOD (Vidéo à la demande) progresse. Comment faire pour que reste viable économiquement le cinéma français ? S'appuyer encore davantage sur les entrées au cinéma peut être une option. Une légère augmentation du prix des films proposés par VOD une deuxième. Une redevance couplée à celle évoquée pour la musique également. Celle-ci pourrait être progressive, fonction du nombre de films visionnés. Dans l'ère de l'instantanéité et de l'éphémère, la vidéo à la demande, véritable location immatérielle instantanée, semble vouée à perdurer !

 

Internet, si complet soit-il, ne comprend pas des informations nécessaires pour chiffrer ces mesures... Pourtant, les solutions existent, dans ce cas aussi, pour lutter contre les fléaux du piratage sans s'attaquer à celui-ci. Ce qui reviendrait au vu des expériences passées à tenter contenir un torrent à l'aide d'une passoire.

 

Le web allié des artistes serait-il un joli rêve sorti de mon imagination ? Ne pourrait-il pas être une belle alternative à la production mercantile que tente de préserver l'État qui s'emploie à contrôler toujours davantage ? Il semble que des solutions peuvent être imaginées.

La société française s'adapte aux nouvelles technologies. Internet devient de plus en plus maitrisé par chacun, et cela ne semble pas prêt de changer. L'adaptation des politiques publiques est ainsi inévitable. A quand la fin d'une rigidité datée ? Vive la modernité ! Concluons ici en citant Danton, comme pour appeler une révolution culturelle : «De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace » !

 

 

(Pour tous ceux qui serait passés à côté (soit beaucoup de monde), je vous invite à vous informer sur l'ACTA. Voir la vidéo 'ACTA pour les nuls' sur Youtube... Vous allez voir, ça va vous faire frissonner !)

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02 février 2012

«Il faut dans nos temps modernes, avoir l'esprit européen» Madame de Staël

Dans une période de crise qui frappe violemment la zone euro et l'Union Européenne dans son ensemble, les conditions propices à lancer un débat quant au futur de cette institution interétatique sont réunies. Les problèmes s'amoncellent dans les négociations. Pressés par la conjoncture économique mondiale, les dirigeants politiques européens ont été sommés de s'entendre à la fin de l'année passée. Pourtant, le modèle à défendre pour l'avenir n'est pas défini.

 

Le débat reste vif entre fédéralistes et souverainistes. Ces derniers s'appuient sur les difficultés actuelles pour mettre en évidence les dysfonctionnements passés depuis longtemps soulignés : lourdeur bureaucratique, manque de poids international, déficit d'intégration... De nombreux maux sont mis sous la responsabilité des institutions de l'Union. Préconisée par de Gaulle, l'Europe des États est remise à l'ordre du jour. Milton Friedman – l'économiste ultra-libéral américain – avait raison, selon certains, en annonçant dès sa création la faillite futur de la monnaie unique. Ces mêmes personnes préconisent sortie de l'euro, protectionnisme et récupération de souveraineté nationale.

Il me semble que ce sont de bien étranges remèdes que ces docteurs prescrivent ici. Aller à contre-courant d'une mondialisation déjà bien entamée me semble suicidaire. En France, le problème de l'emploi est un problème brûlant et faire du protectionnisme conjoint avec l'inflation obligatoire qu'accompagnerait une sortie de l'euro semble propice à une montée accrue du chômage. De plus, notre balance commerciale est bien assez déséquilibrée pour la défavoriser davantage en fermant nos frontières. La question européenne me semble fortement en lien avec celle de la mondialisation.

C'est pour profiter de ses fruits pleinement qu'est remis à l'ordre du jour le souhait d'Aristide Briand d'aboutir aux « États-Unis d'Europe ». Du point de vue fédéraliste, il serait profitable de s'unir afin de gagner en poids international, en poids économique et en capacité d'action. Cela passe par une 'Europe des régions', en s'appuyant sur ces deux échelles du pouvoir politique. Aujourd'hui de plus en plus défendue, cette position soulève néanmoins quelques interrogations : comment convaincre les états à une si forte perte de souveraineté nationale ? L'intégration européenne peut-elle aller jusqu'à ce paroxysme ? La diversité des cultures entre ces états ne constitue-t-elle pas un frein à une union aussi forte ?

 

Tant et si bien que je considère ces deux points de vue comme relativement caricaturaux. Ces deux points de vue poussés au maximum pourraient avoir de nombreuses conséquences négatives. Ainsi selon moi, il s'agit aujourd'hui de trouver un compromis intelligent. Une union plus forte entre les états est nécessaire. En effet, il est impératif de s'unir pour espérer peser sur la scène internationale, tant économiquement que politiquement. Si on n'agit pas, il n'y aura plus aucune nation européenne dans les dix premières puissances économiques mondiales, conséquence de l’ascension fulgurante de pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil...

Il faut pourtant aboutir à un fédéralisme intelligent comme le disait ci-dessus. En effet, penser unir des pays aussi différents que les vingt-sept qui composent aujourd'hui l'Union Européenne m’apparaît comme illusoire. Robert Schuman et Jean Monnet ont pourtant fait preuve de ce qui restera selon moi telle l'une des plus grandes marques de courage politique. Oser au sortir de la Seconde Guerre Mondiale affirmer que le salut européen passe par l'union entre deux peuples il y a encore peu belligérants, s'entre-tuant par trois fois en moins de cent ans me paraît visionnaire. Il faut renouer avec ce courage. Malgré cela, nous avons tendance en France au mimétisme. Si une quelconque mesure aboutit à de probants résultats dans un autre pays, nous nous devons de l'appliquer, surtout si ce pays est l'Allemagne. Pourtant, avons-nous, la même culture, la même histoire, le même modèle économique et politique, la même organisation du territoire, la même démographie ? Non. Cela me semble relativement optimiste, et ce serait même un peu facile.

C'est pourquoi je pense à titre personnel qu'il nous faut trouver un équilibre. L'Europe devrait se constituer au sein d'un effectif réduit (la zone euro et d'autres états volontaires par exemple) qui viserait à une intégration accrue et à un fédéralisme partiel. Partiel car il devra être, encore une fois, intelligent. Permettre plus d'efficacité économique mais en tenant compte des spécificités de chaque état. Pourquoi ne pas créer des ministères européens des Affaires Étrangères et de l’Économie, chargé d'unir les voix des états pour leur conférer plus de poids ? Cela laisserait ainsi le soin au pays de décider de son propre budget en fonction de sa tradition et de ses caractéristiques propres. S'agissant du reste de l'actuelle Union Européenne, cette dernière pourrait retrouver son simple rôle de zone de libre-échange résolvant du même temps le problème des limites géographiques de l'Europe, tout pays se trouvant en capacité de l'intégrer.

 

De nombreux défis attendent l'Union Européenne : crise de la dette souveraine, question nucléaire, poids international, écologie... Il nous faut peser mais de manière raisonnable. La continuité que représente une Europe à deux vitesses, à 17+ comme on dit aujourd'hui, me paraît raisonnable, et la meilleure façon de réagir aux troubles qui agitent aujourd'hui le Vieux Continent.

(c) Théo Felix / 2012

 

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